Appel à contribution

4ème Conférence internationale biennale ISMMS, du 17 au 20 Juin 2019 “Localiser la musique et la culture heavy metal”

Voilà plus de 5 ans maintenant qu’a vu le jour l’ISMMS (International Society for Metal Music Studies), association internationale cristallisant une dynamique collective de recherches en sciences humaines et sociales sur le hard rock, le heavy metal et le metal. Sa naissance fut rendue effective lors du premier colloque « heavy metal and popular culture » de l’université Bowling Green (Ohio, Etats Unis), en avril 2013. Il fut suivi en 2015 par le colloque « Modern Heavy Metal : markets, practices and cultures » à l’Aalto University School of Business d’Helsinki (Finlande) puis en 2017 par le colloque « Boundaries and Ties : the place of music communities » à l’université Victoria (Colombie Britannique, Canada).

Entre temps, les publications et évènements universitaires sur le metal (ouvrages, numéros de revues, colloques et journées d’études) devenaient significatifs au niveau international. Ce que confirme aussi la création dès 2013 de la revue de recherche interdisciplinaire Metal Music Studies (chez Intellect Books).

Après les Etats Unis, la Finlande et le Canada, la France accueillera donc en 2019 le colloque de référence des metal studies. Après une période faste de recherches, le temps semble venu, six ans après le premier colloque ISMMS, de refaire le point concernant les savoirs sur la musique et la culture metal.

A partir de la thématique « locating heavy metal » l’idée est de discuter des analyses situées, réalisées à partir d’enquêtes de terrain ou d’études de corpus.

La localisation et les positions pouvant être entendues au sens propre, celui de la géographie, des territoires ou de l’espace physique des pratiques, communautés et scènes metal ; mais aussi au sens figuré d’espace social ou de localisation sociale du metal.

Au cours des années 1980, les premières enquêtes sur le heavy metal  concluaient, sous forme d’idéal types (et parfois de stéréotypes), qu’en termes de pratiques et de représentations, cette musique, musicalement centrée sur la guitare électrique, concernait tendanciellement des hommes, jeunes, de classes populaires (ouvrière), « blancs », issus de pays occidentaux, heterosexuels , ayant été formés avec une éducation religieuse judéo-chrétienne, habitant les périphéries des grandes villes.

Ces premiers jalons, s’ils ont posé quelques repères, ont également été grandement relativisés ou déconstruits à la fois pour des raisons structurelles (le heavy metal du début n’est plus celui d’aujourd’hui) et des arguments de subjectivités : le heavy metal a été, dès ses débuts, aimé par des personnes aux profils sociaux et culturels très divers, même si cela n’était pas toujours visible dans l’espace public. Ainsi, à mesure que la musique metal prenait de l’âge et que ses divers courants se propageaient sur l’ensemble du globe les perspectives de genre, de race, de classe, les rapports nord-sud, les identités sexuelles ou les convictions religieuses de ceux qui s’intéressent à ces musiques étaient à nouveau questionnées…

Qu’en est-il de l’urbanité ? Le metal est-il toujours une musique de périphérie, ou bien est-il aussi une musique rurale, de campagne, ou au contraire de centre-ville ? Les scènes les plus dynamiques se situent-elles dans les grandes métropoles ou dans les villes moyennes ? Et pour quelles raisons ? Quel effet la localisation spatiale peut-elle avoir sur l’intérêt pour cette musique, ou sur  la fréquentation des concerts ou des festivals, ou encore sur l’écoute ou l’achat d’enregistrements ?

Comment les autres variables culturelles ou sociales évoquées (de classe ou d’origine nationale par exemple, etc.) influencent la dimension rurale ou urbaine de la pratique du metal et la localisation de ses scènes ?

La dimension locale de la pratique musicale est-elle associée aux dimensions esthétiques de la musique ? En particulier y a-t-il un lien entre d’une part  l’espace territorial et d’autre part les sous-genres de metal (black metal, death metal, doom metal, dark metal, nu metal, etc.) ou bien les thématiques des textes, ou encore l’imagerie ?

Par rapport à d’autres musiques ou pratiques culturelles, les scènes metal en général, ou de certains sous-genres, se cristallisent-elles dans les grandes villes, les petites villes, les banlieues ou ailleurs et pourquoi ?

On pourra également privilégier une interprétation moins littérale de la question de la localisation, dans  une perspective métaphorique.

Ainsi, on pourra s’intéresser à la localisation sociale de la culture metal. L’amour du metal est-il socialement légitime ou bien est-il décrié ? Quels effets le niveau d’éducation ou bien la provenance nationale de l’auditeur ont-ils sur la manière dont il appréhende le heavy metal ? On pourra dans ce cadre questionner les transformations de l’image de cette culture liées à son vieillissement ou à sa propagation à travers le monde (y compris en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud).

Il est aussi possible de s’intéresser aux caractéristiques musicales ou sonores des compositions ou des interprétations de titres considérés comme metal. Quelles peuvent être ses caractéristiques en termes d’instruments utilisés, de conventions rythmiques, de fréquences privilégiées ?  Au final, peut-on localiser des spécificités sonores du metal ? Et selon quels critères ?

L’appel à communication de la biennale ISMMS, est plus largement ouvert à tout texte exposant une recherche inedite si elle articule un corpus d’enquête et une méthode d’analyse cohérente autour du heavy metal.

Dans son souhait d’une meilleure connaissance des éléments musicaux et des attributs culturels liés au metal et à ses multiples déclinaisons, l’optique de l’ISMMS est résolument celle d’un dialogue et d’une collaboration entre disciplines universitaires. De surcroît, la dynamique de recherche en metal studies permet de renforcer les connaissances internes aux diverses disciplines et types d’approches impliquées (de la musicologie ou de la sociologie, jusqu’aux cultural et aux subaltern studies).

  • Jeremy Wallach, Harris M. Berger, Paul D. Greene (eds.), Metal Rules the Globe: Heavy Metal Music Around the World, Duke University Press, 2011
  • Titus Hjelm, Keith Kahn-Harris, Mark LeVine (eds.), Heavy Metal. Controversies and Countercultures, Equinox, 2013
  • Andy R. Brown, Karl Spracklen, Keith Kahn-Harris, Niall Scott (eds.), Global Metal Music and Culture. Current Directions in Metal Studies, Routledge, 2016
  • Gabby Riches, Dave Snell, Bryan Bardine, Brenda Gardenour Walter (eds.), Heavy Metal and Popular Culture, Springer, 2016
  • Gérôme Guibert, Fabien Hein (eds), “Les scenes metal; Sciences sociales et pratiques culturelles radicales”, Volume!, vol. 5, n°2, 2006 [in French]

INFORMATIONS PRATIQUES

  • Les propositions de communication, d’une taille de 1000 mots maximum, expliciteront la problématique de la contribution, le terrain ou le corpus étudié et les méthodes employées. Elles devront en outre comprendre un titre, le nom du (des) auteur(s) et un mail pour la correspondance avec les auteurs.
  • Elles devront être envoyées à francemetalstudies@gmail.com
  • Les propositions de communication sont à soumettre pour le 15 décembre 2018. Les réponses aux auteurs (quant à l’acceptation ou au refus de leur proposition après expertise) seront communiquées pour le 21 janvier 2019
  • Le colloque se déroulera du lundi 17 juin 2019 après-midi au jeudi 20 juin 2019 au matin. Une traduction français/anglais sera assurée en simultané.
  • Les droits d’entrée (200 euros pour les chercheurs titulaires, 100 euros pour les étudiants ou les chercheurs non titulaires) devront être réglés entre le moment de l’acceptation de la proposition et la fin avril (2 mois avant le colloque).

KEYNOTES

Deux conférenciers reconnus ont d’ores et déjà accepté notre invitation à des conférences plénières. D’autres seront annoncés dans les mois à venir !

Nous contacter

Pour plus d’informations, merci de nous contacter à l’adresse suivante : francemetalstudies@gmail.com